5-1-1. Henri Poincaré to Aline Poincaré

3 novembre 187311Le manuscrit porte une annotation en crayon d’une main inconnue : ‘‘(3-11-73)’’.

Paris, lundi, midi.

Je suis entré hier à l’école et je n’ai pas encore eu une minute de repos, à cause de toutes les nouvelles corvées qui incombent à ma nouvelle dignité de major.22Durant ses années d’études à Paris, Poincaré entretint une correspondance très soutenue avec sa famille restée à Nancy. Dans cette lettre, probablement la première qu’il rédigea, il raconte les péripéties de son entrée à l’École Polytechnique (appelée également X) et les responsabilités qui incombent à un major de promotion. Il fait état également des succès et échecs de ses camarades de classe préparatoire du Lycée de Nancy aux concours d’entrée dans les grandes écoles. L’École Polytechnique était placée sous la direction du Ministère de la Guerre ; par conséquent, les étudiants étaient considérés comme des élèves officiers, portaient l’uniforme et étaient soumis à une discipline militaire stricte. Heureusement je pense que cela n’est que le premier jour que cela durera comme cela. J’ai couché hier soir à l’École et je crois que je pourrai m’habituer à mon casers. Je me suis promené hier en x dans Paris et j’ai fait faire mon portrait. Maman t’enverra ma binette sous peu. Tu sais que Maugé n’a rien obtenu, ni Maniguet, ni Cournaire, ni les camarades de Barré. Appell est entré à l’École Normale. A demain plus amples détails.33Paul Appell.

Je t’embrasse,

Henri

ALS 1p. Collection particulière, Paris 75017.

Time-stamp: "29.09.2014 23:56"