5-2-15. Henri Poincaré to Eugénie Launois

[Février 1875]

Ma chère maman

Bonnefoy a 19 en Astro.

Nous ne sommes sortis hier qu’à midi ; il était temps. Nous avions donc décidé que nous ferions la compos. On se demande pendant très longtemps quand nous la ferons. Finalement on nous apprend qu’on supprime l’inspec et que nous la ferons de 9 à 11. Vers 9 h moins 10, le géné nous fait appeler et ne nous dit rien de bien intéressant, si ce n’est qu’il a dîné à la préfecture de la Seine. De 9 à 11 la compos se fait tranquillement ; à 11 h nous voulons sortir ; on nous dit qu’on regarde avant si on n’a pas recommencé la farce de mercredi. Grande effervescence qui va en croissant jusqu’à midi. Enfin à midi on nous lâche et tout s’apaise. Je cours chez Mme Rinck ; Élie n’était pas venu parce qu’il avait à faire visite au général. M. Rinck m’a parlé des affaires municipales ; pourquoi ne m’as tu pas nommé les 4 adjoints nouveaux.

J’ai été faire mes visites et je n’ai trouvé que M. O. Kerrins qui m’a chargé de toute espèce de compliments.

J’ai poussé des quantités de petits bouts de cartons puis j’ai été dîner chez M. Olleris où la conversation a principalement roulé sur le retour de M. Olleris à quatre pattes et sur les avantages des divers modes de locomotion par le verglas. Il y avait là Mme Thomas, la nièce à la mode de Bretagne du général Tripier. Rien de particulier d’ailleurs.

AL 2p. En-tête de l’École Polytechnique. Collection particulière, Paris. B28. Last edit: 28.09.2014