2-38-6. Hendrik Antoon Lorentz to H. Poincaré

Leiden, le 8 mars 1906

Monsieur et très honoré collègue,

C’est déjà trop longtemps que j’ai négligé de vous remercier de l’important mémoire sur la dynamique de l’électron que vous avez bien voulu m’envoyer.11Poincaré (1906), publié en janvier 1906. Inutile de vous dire que je l’ai étudié avec le plus grand intérêt et que j’ai été très heureux de voir mes conclusions confirmées par vos considérations. Malheureusement mon hypothèse de l’aplatissement des électrons est en contradiction avec les résultats des nouvelles expériences de M. Kaufmann et je crois être obligé de l’abandonner; je suis donc au bout de mon latin et il me semble impossible d’établir une théorie qui exige l’absence complète d’une influence de la translation sur les phénomènes électromagnétiques et optiques.22Les mesures de la déflexion de rayons cathodiques de Walter Kaufmann (1905), présentées à l’Académie des sciences de Berlin le 30.11.1905, ont confirmé les prévisions de la théorie de l’électron rigide de Max Abraham, au dépens de la théorie de “Lorentz-Einstein”. Lorentz n’abandonnera pas définitivement sa théorie, dont les prévisions seront confirmées deux ans plus tard par Bucherer (1908). A propos des expériences de déflexion, voir A.I. Miller (1981) et Hon (1995).

Je serais très heureux si vous arriviez à éclaircir les difficultés qui surgissent de nouveau.

Veuillez agréer, cher collègue, l’expression de mes sentiments sincèrement dévoués.

H.A. Lorentz

ALS 2p. Collection particulière, Paris 75017. Reproduite par A.I. Miller (1980, 83–84).

Time-stamp: "11.12.2014 01:36"

Références