7-47-56. Charles Joseph Laurent to H. Poincaré

27 Juillet 190411endnote: 1 Selon le procès-verbal du Bureau des longitudes, séance du 3 août 1904, Poincaré a lu en début de séance cette lettre de l’administrateur colonial Laurent.

16 Ave Montsouris Paris

Monsieur Laurent Administrateur des colonies22endnote: 2 Pour une étude sur Laurent, voir Sohi (2016). à Monsieur Poincaré
Membre de l’Institut et du Bureau des Longitudes

Monsieur Poincaré,

J’ai l’honneur de vous rendre compte des desiderata, des services géodésico-astronomique, météorologique et géologique de l’Afrique occidentale Française, que j’ai soumis à Monsieur le Gouverneur Général Roume et qui sont en principe seulement déjà acceptés. Pour faire entrer dans la pratique immédiate ce projet élaboré pour le bien de la Colonie et de la Science, il faut une cause déterminante puissante.

Monsieur le Conseiller d’Etat croit que l’appréciation motivée de ces Messieurs les Professeurs et les savants compétents serait pour lui la grande raison qui lui permettrait d’agir avec la rapidité que nécessite son prochain départ.

1° Le service géodésique de l’Afrique construit actuellement une carte au 1/100.000. Son budget restreint et un pays très plat trop chargé de baobab l’obligent à faire des différences de longitude astronomiques, par exemple “Occultations communes à un point fixe connu et au point à déterminer” ; de plus les divers voyageurs ont besoin de voir leurs Longitudes absolues corrigées par des positions de la Lune exactes à la date correspondante ou de voir celles-ci transformées en différences de Longitude si possible.

2° Le Service Météorologique a besoin de stations principales à Dakar ou St Louis à Tombouctou et à Porte Neuve

“Lettre de Monsieur Mascart à Monsieur Roume dont Monsieur Mascart a bien voulu me confier des extraits le 27 Juillet au matin”

3° Le service géologique jusqu’ici très intermittent, n’acceptant pas d’idée d’ensemble, a besoin d’être créé en profitant des déplacements du géodèse-géologue c’est-à-dire sans frais nouveaux.

Tout ceci peut être obtenu sans faire appel aux crédits de la Métropole, selon un projet remis au Gouverneur en Juin 1904 si Messieurs les Professeurs et Savants compétents veulent bien déclarer d’utilité incontestable dans une lettre adressée à Monsieur le Conseiller d’Etat L. Herbette 17 Rue Fortuny Paris, la création d’une station météorologico-astronomique à Dakar ou en un autre point de la côte dont le titulaire serait attaché au service Géodésique et serait aidé d’un sous-officier ou autre aide capable de lire les enregistreurs en cas d’absence.

Le titulaire M. Laurent demanderait à se déplacer en saison sèche pour être à peu près sur le même parallèle que son collègue du service géodésique placé au point à déterminer.

En ces points il ferait les sondages et reconnaissances nécessaires à la Géologie et aux recherches minéralogiques.

A Dakar sont un Équatorial et une lunette méridienne : M. Laurent pourrait déterminer les positions de la Lune pendant la partie de l’année où il n’est pas mobile.

Dans tous les cas étant donnés les documents acquis en Sorbonne par M. Laurent en Calcul Intégral, Astronomie Mécanique Géologie Minéralogie Géographie Physique dont la possession est garantie par les certificats correspondants, il est possible à ce fonctionnaire de centraliser à la station météorologico-astronomique et d’étendre en Afrique Occidentale, avec l’activité que prouvent ses notes antérieures, le service des recherches scientifiques en général dont ce superbe territoire de l’Afrique Occidentale Française a le plus grand besoin pour sa prospérité ultérieure.

Veuillez Monsieur excuser ce long rapport et croire à ma grande obéissance et à mon profond respect.

Laurent

Administrateur Colonial

ALS 4p. Procès-verbaux du Bureau des longitudes, Bureau des longitudes, Paris.

Time-stamp: “ 4.05.2019 00:49”

Notes

  • 1 Selon le procès-verbal du Bureau des longitudes, séance du 3 août 1904, Poincaré a lu en début de séance cette lettre de l’administrateur colonial Laurent.
  • 2 Pour une étude sur Laurent, voir Sohi (2016).

Références

  • B. F. Sohi (2016) Sur les traces du premier administrateur colonial du Haut-Cavally (Côte d’Ivoire): Laurent Charles Joseph (1877–1915). Harmattan, Paris. Cited by: endnote 2.