1-1-254. H. Poincaré to Gösta Mittag-Leffler

[27/7/1910] 11Date du cachet de la poste de Paris. Paris-27 juillet — Djursholm-30 juillet — Leksand-? 1910.

Mon cher ami,

Il est possible que je sois désigné pour aller à Budapest pour le prix Bolyai ;22Poincaré et Mittag-Leffler étaient les deux membres étrangers de la commission qui devait décerner le prix Bolyai à Hilbert en 1910. Les deux autres étaient des membres de l’Académie hongroise des sciences, König et Rados. Poincaré était le rapporteur de cette commission (Poincaré 1911b, 1912, 1911a). Poincaré avait été en 1905 le premier lauréat du prix Bolyai fondé par l’Académie hongroise des sciences. Celui-ci, décerné tous les 5 ans, consistait en une médaille assortie d’une somme de 10 000 couronnes. on me dit que vous vous y rendez également de Berlin, je serais enchanté de cette occasion de vous voir.

Mais il faudrait alors nous entendre pour le choix d’un jour. Je désire naturellement que cela ait lieu aussitôt après les fêtes de Berlin.33Poincaré fait allusion aux cérémonies du centenaire de l’université de Berlin. Picard et lui seront à cette occasion nommés docteurs honoris causa de l’université de Berlin et Poincaré prononcera une conférence sur La mécanique nouvelle (Poincaré 1910). Lebon, dans la seconde édition de sa biographie de Poincaré (1912, 90), indique qu’il l’a prononcée le 14 octobre 1910 en français et qu’elle fut seulement traduite et publiée en allemand dans Himmel und Erde. D’autre part, Pais, dans sa biographie scientifique d’Einstein (1982, 169), signale un témoignage de Moszkowski (1920) selon lequel cette conférence fut tenue le 13 octobre 1910 en allemand ! De plus, selon ce même témoignage, Poincaré aurait cité Einstein à cette occasion. L’allusion à Einstein disparaîtra dans la version publiée. In diesem Vortrag geschah es zum erstenmal, daß wir den Namen Albert Einstein hörten.
Poincaré sprach über : Die neue Mechanik, um uns mit dem Beginn einer Strömung bekanntzumachen, die ihn selbst, wie er bekannte, in seinen vormaligen Grundansichten stark aus dem Gleichgewicht gebracht hatte. (Cité dans Pais 1982)
Darboux signale dans son éloge historique de Poincaré (Darboux et al., dirs, 1916, LXII) qu’en outre celui-ci “lut, à la Réunion mathématique de l’Université, une Conférence sur la théorie des ondes hertziennes”. Dans le compte-rendu de la séance du 24 janvier 1910 de l’Académie des Sciences, il est fait mention de l’invitation de l’université de Berlin : M. le Recteur et le Sénat de l’Université de Berlin invitent l’Académie à se faire représenter aux fêtes jubilaires de son premier centenaire, du 10 au 12 octobre 1910. (Comptes rendus 150 (1910), p. 198)
Je voudrais pourtant m’arrêter un peu à Dresde en quittant Berlin.

Cela peut-il s’arranger ?

Votre ami dévoué

Poincaré

ALS 2p. IML 134, Mittag-Leffler Archives, Djursholm.

Time-stamp: "21.05.2014 12:10"

Références