1-1-243. Gösta Mittag-Leffler to H. Poincaré

Djursholm le 13 Mars 1909 11On ne dispose que d’une copie carbone de cette lettre dactylographiée et du brouillon (Brefkoncept 4538).

Mon cher ami,

Un jeune homme M. The[odor] Svedberg vient de faire une série de recherches qu’on a beaucoup observée[s] ici. Il s’agit d’une méthode d’isoler et de voir les atomes. Je vous envoie sous bande trois de ses travaux sur cette manière et je serais enchanté si vous veuillez bien me faire savoir l’opinion que vous pouvez vous former soit à vous seul soit en conférence avec des chimistes et des physiciens habitués aux expériences.22Les travaux de Svedberg auxquels Mittag-Leffler doit faire allusion, ne peuvent concerner que les solutions colloïdales puisque c’était le sujet d’étude de Svedberg à cette époque. La description de Mittag-Leffler de ces travaux est donc pour le moins assez fantaisiste. Les résultats de Svedberg ne sont pas exposés dans les Comptes rendus bien que le sujet soit particulièrement abordé à cette époque.

J’espère vous voir à Göttingen 22-28 Avril.33Vers le début de novembre 1908, Hilbert a invité Poincaré à donner une série de conférences à l’Université de Göttingen (Hilbert à Poincaré, § 4-43-2). Poincaré prononcera du 22 au 28 avril 1909 six conférences de mathématiques et de physique mathématique (1 — Über die Fredholmschen Gleichungen, 2 — Anwendung der Theorie der Integralgleichungen auf die Flutbewegung des Meeres, 3 — Anwendung der Integralgleichungen auf Hertsche Wellen, 4 — Über die Reduktion der Abelschen Integrale und die Theorie der Fuchschen Funktionen, 5 — Über transfinite Zahlen, 6 — La mécanique nouvelle). Les cinq premières furent prononcées en allemand et la dernière en français puisque celle-ci était moins technique que les précédentes : Aujourd’hui, je suis obligé de parler français, et il faut que je m’en excuse. Il est vrai que dans mes précédentes conférences je me suis exprimé en allemand, en un très mauvais allemand : parler les langues étrangères, voyez-vous, c’est vouloir marcher lorsqu’on est boiteux ; il est nécessaire d’avoir des béquilles ; mes béquilles, c’étaient jusqu’ici les formules mathématiques et vous ne sauriez vous imaginer quel appui elles sont pour un orateur qui ne se sent pas très solide. Dans la conférence de ce soir, je ne veux pas user de formules, je suis sans béquilles, et c’est pourquoi je dois parler français. Les six conférences prononcées à Göttingen sont réunies dans un recueil paru en 1910 (Poincaré 1910). M. Hilbert vient de m’inviter d’y venir à cette époque.

Agréez, je vous en prie mon cher ami, l’expression de mon dévouement sincère.

TLX 1p. Mittag-Leffler Archives, Djursholm.

Time-stamp: "11.02.2017 01:34"

Références