2-38-5. H. Poincaré to Hendrik Antoon Lorentz

[Ca. 05.1905]

Mon cher Collègue,

J’ai continué les recherches dont je vous avais parlé.11Voir Poincaré à Lorentz (§ 38.4). Mes résultats confirment pleinement les vôtres en ce sens que la compensation parfaite (qui empêche la détermination expérimentale du mouvement absolu) ne peut se faire complètement que dans l’hypothèse =1. Seulement pour que cette hypothèse soit admissible, il faut admettre que chaque électron est soumis à des forces complémentaires dont le travail est proportionnel aux variations de son volume.

Ou si vous aimez mieux, que chaque électron se comporte comme s’il était une capacité creuse soumise à une pression interne constante (d’ailleurs négative) et indépendante du volume.

Dans ces conditions, la compensation est complète.22L’électron déformable de Lorentz devient stable, selon Poincaré, quand on admet ‘‘une sorte de pression constante extérieure’’ (Poincaré 1905, 1506; 1906, 130). Cette pression, qui devait avoir une origine non-électromagnétique, sera appelée ‘‘pression de Poincaré.’’ Pour des détails, voir Cuvaj (1970, App. 10), A.I. Miller (1981, 382n29), S. Walter (2007), et les Lectures de Feynman (1964, 28-4/8).

Je suis heureux de me trouver en parfait accord avec vous et d’être arrivé ainsi à l’intelligence parfaite de vos beaux travaux.

Votre bien dévoué Collègue,

Poincaré

ALS 2p. H.A. Lorentz papers, inv. nr. 62, Noord-Hollands Archief. Reproduite par A.I. Miller (1980, 81–82).

Time-stamp: "19.03.2015 01:56"

Références