2-29. Camille Gutton
Camille Gutton (1872–1963) entre à l’École normale supérieure en 1893, et devient agrégé de physique en 1896. Par la suite il prépare sa thèse à Nancy au laboratoire de René Blondlot. Une note de Gutton à propos des propriétés d’un résonateur de Hertz est communiquée par Poincaré aux Comptes rendus de l’Académie des sciences en octobre 1897 (Gutton, 1897). Gutton soutient sa thèse, intitulée “Recherches expérimentales sur le passage des ondes électriques d’un conducteur à un autre” à la Faculté des sciences de Paris le 23 juin 1899, devant Troost, Lippmann et Poincaré. Ce dernier, dans un rapport sans critique (§ 2-62-5), souligne chez Gutton “un esprit extrêmement judicieux et une connaissance approfondie des phénomènes hertziens”.
A cette époque, Gutton mesure la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques dans différents milieux, un sujet qui devait différencier la théorie de Maxwell de celle de Helmholtz. Il suit Blondlot dans l’aventure des rayons N, au sujet desquels il publie jusqu’en 1906, année de sa nomination à une chaire de physique à la Faculté des sciences de Nancy, devançant ainsi un opposant des rayons N, Albert Turpain.11endnote: 1 Rollet et al. (2017). Gutton devient ensuite professeur à l’École supérieure des postes et télégraphes, et à l’École d’aéronautique, avant d’assurer la direction du laboratoire national de radioélectricité. Il devient membre de l’Académie des sciences de Paris en 1938, en tant qu’académicien libre.
Ses travaux de radiotechnique l’amènent à concevoir des appareils qui servent aux services de transmission des armées françaises et alliées pendant la première guerre mondiale. Il met au point les premières liaisons radio entre la terre et un avion, et il développe un électromètre de haute sensibilité.22endnote: 2 Pour la bibliographie de Gutton et un survol de sa carrière, voir la notice biographique par Étienne Bolmont sur le site Facultés et Université de Nancy aux 19-20 siècles. Pour une analyse perspicace du rôle de Gutton dans l’histoire des rayons N, voir Nye (1986).
La correspondance entre Gutton et Poincaré porte sur la mesure des longueurs d’onde hertziennes dans les diélectriques, en relation avec la thèse de Turpain (1899), qui présente des résultats d’expériences en désaccord avec ceux publiés par Blondlot et d’autres physiciens. En arrière-plan se dessine l’opposition entre la théorie de Maxwell et celle de Helmholtz.
Time-stamp: "25.06.2026 20:36"
Notes
- 1 Rollet et al. (2017).
- 2 Pour la bibliographie de Gutton et un survol de sa carrière, voir la notice biographique par Étienne Bolmont sur le site Facultés et Université de Nancy aux 19-20 siècles. Pour une analyse perspicace du rôle de Gutton dans l’histoire des rayons N, voir Nye (1986).
Références
- Sur la forme des lignes de force électrique dans le voisinage d’un résonateur de Hertz. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences de Paris 125 (16), pp. 569–571. Cited by: 2-29. Camille Gutton.
- Science in the Provinces. University of California Press, Berkeley. Cited by: endnote 2.
- Les enseignants de la Faculté des sciences de Nancy et de ses instituts dictionnaire biographique (1854–1918). PUN – Éditions universitaires de Lorraine, Nancy. Cited by: endnote 1.
- Recherches expérimentales sur les oscillations électriques. Ph.D. Thesis, Faculté des sciences de Bordeaux, Bordeaux. External Links: Link Cited by: 2-29. Camille Gutton.